La couturière de Frances de Pontes Peebles

Ce roman est porté par deux fortes personnalités féminines, je le fais rentrer dans mon challenge Destin de femmes ! 🙂

Titre original : The seamstress

Editeur : Editions Points

Note: 4/5

L’histoire

A la fin des années 20 au Brésil, Emilia et Luzia sont deux sœurs orphelines que tout oppose. Alors qu’Emilia rêve de grandeur et de richesse, Luzia semble n’avoir d’autres possibilités que de finir vieille fille à cause de son infirmité : lorsqu’elle était jeune, elle s’est cassé le bras et il ne s’est jamais bien remis. Mais le pays est plein de bandits et un jour, l’un de ces cangaceiros, le Faucon, s’intéresse à Luzia et l’emmène avec lui. A partir de ce moment-là, la vie des deux jeunes filles prend un nouveau tournant.

Mon avis

Ce roman est superbe. Après avoir lu beaucoup de fantasy, science-fiction et autres romans young adults, j’étais contente de retrouver un bon roman contemporain. C’est un pavé – 850 pages – mais les évènements s’enchaînent et on tourne les pages avec avidités. On a ici un vrai roman épique qui se passe au Brésil à la fin des années 20 jusqu’au milieu des années 30. En sept ans, il s’en passe des choses…

Sur fond de politique locale, on suit donc Emilia et Luzia, deux jeunes filles de milieu modeste qui ont été élevées par leur tante et qui sont couturières. Dans ce roman, on commence par la fin. Le prologue se passe en 1935 et on sait déjà que les deux sœurs ont été séparées pendant longtemps et que tout ne s’est pas bien fini. On alterne le point de vue d’Emilia et celui de Luzia.

Très vite, Luzia part avec les cangaceiros – les bandits – mener une vie de hors la loi. En fait, on en apprend beaucoup sur le système  « politique » de l’époque, le pays était en fait dirigé par des colonels qui offraient leur protection aux gens mais qui s’affrontaient entre eux de manière assez violente. Les cangaceiros faisaient en quelque sorte partie du système en offrant occasionnellement leur protection aussi. Au départ, j’avais hâte d’arriver aux passages qui parlaient de Luzia et de sa vie dans la brousse mais au final, la vie d’Emilia à Recife est devenue tout aussi intéressante.

Alors qu’Emilia est l’aînée et est celle qui rêve d’intégrer la bonne société et pense que la vie est comme dans les magazines, Luzia est beaucoup plus réaliste et en quelques sortes pessimistes. Lorsqu’elle rencontre le Faucon, elle n’a finalement aucune hésitation à le suivre. Dans ce roman, il y a très peu d’amour. Ou alors de l’amour mais pas au sens romantique du terme. L’amour qu’il y a entre le Faucon et Luzia est sauvage, brut et au final aussi politique car le Faucon utilise Luzia pour asseoir son autorité. Du côté d’Emilia, il n’y aura aucun amour romantique et on s’en rend vite compte.

J’ai été fascinée par cette société brésilienne et cette histoire qui aurait pu se passer il n’y a pas si longtemps. Je n’ai jamais été au Brésil mais ce livre m’a fait littéralement voyager. J’ai été subjuguée par le mode de vie des cangaceiros mais aussi par celui de la bonne société de Recife. J’ai un peu été déboussolée par certains mots en portugais qui ne sont pas traduits – je ne parle pas non plus un mot d’espagnol alors ça n’a pas aidé – mais sinon l’écriture était fluide et le roman agréable à lire. Le livre ne représente que sept années, mais il se passe tellement de choses ! Le seul petit reproche serait quelques longueurs à la fin du roman, notamment quand il y a la sécheresse et que la vie des cangaceiros ne semble être qu’attaques, pillages et violence.

A la fin du roman, il est précisé que tous les personnages sont imaginés par l’auteur mais les faits historiques sont réels. Je m’étais justement posé la question…

J’ai apprécié d’avoir à la fin un vrai épilogue qui ne nous laisse pas sur notre faim ! Je le recommande donc à ceux qui aiment les romans historiques , les fresques qui s’étalent sur des pages et des pages… Mais aussi à ceux qui ont envie de connaître plus le Brésil et de voyager dans un autre monde.

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22 réflexions sur “La couturière de Frances de Pontes Peebles

  1. Pingback: C’est lundi, que lisez-vous? [15] | La tête dans les livres

  2. J’aime beaucoup les fresques historiques et familiales qui s’étendent sur des générations, ont à le temps de s’attacher ou non aux personnages et de cerner leur caractère. Ce livre me fait très envie, avec deux sœurs aux antipodes l’une de l’autre, mais qui finalement vont vivre des choses folles. De plus, j’adore les 20 !

  3. Pingback: Top Ten Tuesday – Auteurs qui mériteraient plus d’attention | La tête dans les livres

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